Composer un soubassement en bois : histoire, hauteur, cadres et cimaise
Par Camciuc Florian · Rédacteur du Journal · 25 octobre 2026 · 9 min de lecture

D'où vient le soubassement, et comment le composer aujourd'hui ? Du lambris des demeures anciennes à la hauteur, aux cadres, à la plinthe et à la cimaise : les repères pour un soubassement en bois qui protège le mur et lui donne du relief.
À retenir
- Né d'un terme d'architecture, le soubassement habille le bas du mur depuis les lambris des demeures anciennes ; sa hauteur est celle du dessus de la cimaise.
- Repère courant : le tiers de la hauteur sous plafond ; notre simulateur 3D retient 33 %, soit 89 cm sous 2,70 m et 99 cm sous 3 m.
- Les cadres ont tous la même largeur, séparés par des montants réguliers, de 12 à 18 cm selon le style dans notre simulateur 3D.
- La plinthe grandit avec la pièce : dans notre simulateur 3D, 10 cm sous 2,50 m, 15 cm vers 2,70 m, 20 cm sous 3,20 m.
- Le bois se choisit d'après la finition : peint, il unifie la surface ; apparent, son veinage fait partie du décor.
Un soubassement en bois se compose comme une petite architecture : une plinthe en pied, une cimaise qui le couronne, et entre les deux des cadres moulurés alignés. Chaque élément a sa règle de proportion. Voici d'où il vient, puis comment le composer, dans l'ordre où l'on calcule : la hauteur d'abord, les cadres ensuite, puis la plinthe, la cimaise et la finition.
D'où vient le soubassement ?
Le mot est d'abord un terme d'architecture. Il apparaît au XIVe siècle, formé sur l'ancien français « sous-basse », et désigne la partie massive d'un édifice posée sur les fondations, qui le surélève : le soubassement d'un temple grec, par exemple. Par analogie, il désigne aussi le revêtement bas du mur d'une pièce : « les boiseries d'un soubassement », dit l'Académie française. Dans la tradition classique, il joue le rôle du piédestal d'une colonne, et la cimaise celui de la moulure qui la couronne.
Le bois s'installe en bas des murs pour une raison très concrète : le confort. Dans son dictionnaire de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, Viollet-le-Duc note qu'on garnissait fréquemment de lambris la partie inférieure des salles et des chambres : des planches avec couvre-joints, posées au-dessous des tapisseries. Ces lambris étaient isolés des murs et cloués sur des tasseaux scellés au plâtre, pour éviter « la fraîcheur des murs, toujours assez dangereuse dans les habitations ». Le bois monte aussi plus haut : en 1367, au château du Louvre, les murs du quatrième niveau de la tour de la Librairie sont lambrissés de bois précieux, le « bois d'Illande ».
Du XVe siècle au milieu du XVIIe siècle, puis jusqu'au XVIIIe siècle, les lambris décorent les murs des châteaux et des demeures aristocratiques. Le Centre des monuments nationaux en rappelle les usages : isoler du froid et de l'humidité, protéger les murs, améliorer l'acoustique, distinguer socialement les pièces. Au XVIIIe siècle, le bois devient plus léger, coloré, doré.
Dans ces salons, un lambris de hauteur garnit le mur entier, du parquet à la corniche, en deux étages de panneaux : le lambris d'appui en bas, le lambris en hauteur au-dessus. Une cimaise les sépare et dissimule leurs assemblages ; sa hauteur est calculée pour correspondre à celle des tables de la pièce, expliquent les Passerelles de la BnF à propos du Petit Trianon de Versailles. Le mot cimaise a d'ailleurs deux sens : l'Académie le donne d'abord pour le haut d'une corniche, puis pour la moulure d'un lambris d'appui. Au XVIIIe siècle, elle sert aussi à arrêter le dossier des sièges, alignés symétriquement contre les murs.
Pourquoi l'avoir gardé ? Aujourd'hui, il sert surtout de décor, même si les raisons d'hier tiennent encore en partie : le bas du mur est celui qui s'use, et la cimaise arrête toujours les dossiers de chaises. Les styles ont changé, avec les coins arrondis du Louis XV puis le retour à la ligne droite aux environs de 1760 avec le Louis XVI, pas la logique d'ensemble. C'est elle que l'on retrouve ci-dessous : une hauteur qui suit la pièce, des cadres alignés entre deux lignes, une plinthe en pied et une cimaise en couronnement.
Qu'est-ce qu'un soubassement en bois ?
Concrètement, le soubassement est le bas du mur, de la plinthe à la cimaise. C'est la partie qui s'use le plus, du frottement des meubles aux passages répétés : le bois la protège et lui donne une échelle. Avec des moulures, on parle de soubassement mouluré : des cadres alignés entre ces deux lignes, qui donnent du relief à une pièce sans habiller le mur entier. Le haut du mur reste libre pour des tableaux ou une tête de lit.
Il se lit en trois éléments :
- la plinthe protège le pied du mur et fait le raccord avec le sol ;
- les cadres moulurés dessinent des panneaux entre la plinthe et la cimaise ;
- la cimaise arrête les dossiers de chaises, sépare deux teintes et marque la limite entre le bas du mur et le haut.
À quelle hauteur poser un soubassement ?
La hauteur d'un soubassement est celle du dessus de sa cimaise. Une règle courante la place au tiers de la hauteur sous plafond. Notre simulateur 3D retient 33 % de la hauteur pour la plupart des styles, arrondi au centimètre : 89 cm sous un plafond de 2,70 m, 99 cm sous 3 m. Le style Louis XV descend à 30 %, les styles Château et Contemporain épuré montent à 36 %.
Le résultat est ensuite borné, car une cimaise trop basse ne protège plus le mur et une cimaise trop haute tasse la pièce. Pour une cimaise seule, le calcul ne descend pas sous 85 cm et ne dépasse pas 1 m ; un décor haussmannien va jusqu'à 1,05 m, un grand salon de château jusqu'à 1,15 m. Sous un grand plafond, la cimaise reste à hauteur d'appui et ce sont les cadres du haut du mur qui prennent la hauteur.
Regardez aussi les lignes existantes : quand l'appui d'une fenêtre tombe à moins de 12 cm de la hauteur trouvée, on cale la cimaise 2 cm sous l'appui, et contre une porte on la fait buter contre le chambranle plutôt que de le couper.
Pour calculer la hauteur de votre mur, notre guide de la cimaise murale propose un calculateur de hauteur et un tableau des plafonds courants, et le guide des moulures au mur y ajoute un calculateur de cadres.
Composer les cadres du soubassement
Sur un même mur, des cadres réussis ont tous la même largeur et des montants réguliers entre eux. Le calcul part de la largeur du mur, moins un montant à chaque angle ; on cherche ensuite le nombre de cadres qui approche le mieux la largeur visée par le style, puis on partage la longueur restante en parts égales.
Prenons un mur de 4 m sous un plafond de 2,70 m, avec des cadres droits de style Louis XVI : montants de 15 cm, cadres visés autour de 70 cm. La longueur utile est de 4 m moins deux fois 15 cm, soit 3,70 m. Cinq cadres et quatre montants y tiennent : 3,70 m moins 4 fois 15 cm, divisés par 5, donnent cinq cadres de 62 cm. Sous la cimaise, ils mesurent 44 cm de haut.
Le montant, c'est l'espace de mur laissé entre deux cadres. Un espacement de 10 à 13 cm est un repère courant ; le simulateur retient 12 à 18 cm en bas du mur selon le style. Le même espace sépare un cadre d'un angle ou du chambranle d'une porte. Verticalement, les cadres laissent 9 à 12 cm au-dessus de la plinthe et sous la cimaise.
Une porte coupe les cadres sur toute sa hauteur : sur un mur de 4,50 m avec une porte de 90 cm au milieu, il reste deux cadres d'environ 68 cm de chaque côté. Choisissez enfin les coins : droits pour le Louis XVI et le style haussmannien, arrondis pour le Louis XV. Pour choisir le dessin d'un profil, notre guide des moulures décoratives en détaille les repères de style.
La plinthe et la cimaise
La plinthe suit la hauteur de la pièce : plus le plafond est haut, plus elle prend d'ampleur. Le simulateur retient 10 cm sous un plafond de 2,50 m dans un décor Louis XVI, 15 cm vers 2,70 m, 20 cm sous un plafond haussmannien de 3,20 m, jusqu'à 25 cm dans un grand salon de château.
La cimaise se choisit d'après le style de la pièce et la présence qu'on veut donner à la ligne. Une cimaise lisse, à profil en S, accompagne un décor sobre ; une cimaise ornée de perles, d'une grecque ou de rinceaux convient à un salon plus riche. Les cimaises ornées en bois massif de l'atelier sont réunies dans la collection Cimaises et frises.
Choisir le bois et la finition
Le bois dépend surtout de la finition. Un soubassement peint unifie la matière et ne laisse parler que les lignes ; laissé apparent, il donne au veinage une place dans le décor. Les pièces peuvent être livrées brutes, à peindre sur place, ou finies à l'atelier : cire, vernis mat, satiné ou brillant, lasure ou peinture. Tout le bois d'AC Boiseries est du bois massif français, du Sud-Ouest. Pour comparer les essences selon la finition et le rendu recherchés, notre article sur le choix du bois d'une moulure décorative les présente une à une.
Les pièces de l'atelier et la pose
AC Boiseries fabrique des éléments neufs en bois massif : ses cimaises du catalogue, des cadres et des plinthes sur devis, des panneaux et des boiseries sur mesure. Chaque pièce est modélisée en 3D, puis taillée dans la masse. Elle est ensuite reprise à la main : détails au ciseau, ponçage, patine et finitions. Découvrez ses panneaux de bois et ses boiseries sur mesure ; le devis est gratuit.
Les pièces sont fournies prêtes à être posées. La pose revient au professionnel de votre choix, ou à vous-même ; l'atelier peut échanger avec lui et lui fournir les informations utiles. Avant de commencer, tracez la hauteur retenue en plusieurs points, puis reliez-les par une ligne de niveau. Une pièce en bois massif se fixe toujours mécaniquement, la colle venant en plus et jamais seule.
Une boiserie à imaginer ?
L'atelier peut traduire une inspiration, une archive ou un décor existant en pièce sur mesure.
Parler du projet

