Les raccords et les cassures donnent les premiers indices. Une moulure de bois se pose par longueurs : on devine des joints entre deux baguettes ou dans les angles, parfois des têtes de clous sous la peinture. Une corniche traînée court en général d'un seul tenant, le staff se pose par éléments collés ou scellés. Sur un éclat, le bois montre ses fibres, le plâtre une cassure blanchâtre, armée de filasse s'il s'agit de staff. Sous d'épaisses couches de peinture, les deux peuvent se confondre : faites alors examiner un angle discret par un professionnel.
L'origine se lit ensuite à la cohérence. Des profils identiques d'une pièce de réception à l'autre plaident pour un décor d'ensemble ; un profil qui change au milieu d'un mur signale une reprise, une corniche coupée net par une cloison trahit une pièce redistribuée. Les pièces sur rue, vouées à la réception, recevaient le décor le plus riche : un vocabulaire plus simple côté cour n'a rien de suspect.
Pour une corniche ou une rosace en plâtre abîmée, adressez-vous à un plâtrier-staffeur, dont le métier est de réaliser et de restaurer ces décors. Un bois ancien récupérable se confie à un restaurateur, qui dresse un constat d'état avant d'intervenir. Quand l'élément de bois a disparu ou ne peut plus être sauvé, reste la fabrication d'une pièce neuve à l'identique.